In memoriam : Jacques Grange des Rattes et la Chine

Le 6 mai 2026, le professeur Jacques Grange des Rattes est retourné vers le Seigneur à l’âge de 83 ans. Passionné de recherches,  ses travaux pour l’Inserm de Lyon le conduisirent en Chine, et là, bien sûr, il se passionna pour la culture et la langue chinoises.

Un chercheur de vérité

A ce titre, il apporta aux découvertes relatives au christianisme des origines en Chine ses recherches fécondes, desquelles certaines perspectives n’ont toujours pas pu être pleinement exploitées, les circonstances n’y étant pas vraiment propices, aujourd’hui encore.

Ci-après, nous redonnons en PDF une synthèse relative à l’envers d’un miroir trouvé dans une tombe princière de l’est de la Chine, et qui date du début du 2e siècle ; dans la compréhension du mantra qui y figure, Jacques Grange a joué un rôle déterminant.

Mais d’abord, voici la lettre qu’il envoya en 2009 à ses amis de Lyon à l’occasion d’une conférence (Grange Taoisme PDF), elle témoigne des jalons d’une recherche. Merci professeur Jacques !

Une invitation-témoignage

Mes amis,

Je me permets de vous inviter à la conférence que donnera Pierre Perrier ce dimanche 24 mai 2009 à 14h30 à la salle Decourtray au 10, montée de Fourvière.

Ce travail a débuté pour moi par une conversation avec le père Edouard Marie Gallez (Frère de St Jean, spécialiste des premiers siècles du Christianisme et de l’émergence de l’Islam) à qui l’on avait remis des articles d’un Père assomptionniste chinois Martin YEN, publié par les MEP.
Ma première réaction fut négative, mais en bon scientifique, j’ai voulu contrôler, et je suis tombé de confirmations en confirmations, de preuves archéologiques, en relecture des annales historiques…

Cette conférence que nous organisons avec le Père Gilles Sander Aumônier de la Communauté Chinoise de Lyon, clôturera une réunion de travail des 23 et 24 mai à Lyon avec EEChO (https://eecho.fr). Le père Jean Charbonnier des MEP participera à nos travaux, ainsi que des historiens et des proches du Père YEN décédé récemment.

En fait nous avons en main, maintenant, des preuves archéologiques et historiques qui démontrent que la première mission d’évangélisation en Chine a bien eu lieu de 65 à 68, comme le disaient depuis toujours les Eglises de Thomas : Assyro-Chaldéenne et Indiennes. Les chroniques impériales des Hans confirment ces dates.

Après la première évangélisation par Thomas et ses disciples

La première persécution eu lieu de 70 à 72, sur ordre de l’empereur MingDi. Plusieurs milliers de personnes ont été torturées et exécutées.
Son demi-frère le Prince Lui Ying, Duc de l’ancien royaume de Chu résidant à Peng Cheng (XuZhou), qui avait accueilli l’Apôtre Thomas entre 65 et 68, et commandité entre 68 et 70, les frises de Kong Wang Shan, fut condamné en 70 pour quatre graves raisons :

  1. Avoir fait un pacte avec un fantôme (Jésus le ressuscité est un fantôme pour les confucéens)
  2. Avoir possédé des livres de magies du fantôme : les textes traduits à partir de la prédication et du Proto Evangile ou aide mémoire des interprètes) de Thomas.
  3. Avoir fait représenter des humains plus grand que lui, un prince, mais surtout que l’Empereur lui même, qui figure également sur la frise. (Une vrai Bande dessinée !)
  4. Hérésie suprême, oser dire que tous les hommes étaient fils du Dieu du Ciel, alors qu’en Chine il n’y a qu’un seul fils du Ciel : l’empereur !

Le Prince fut d’abord exilé à DanYang au Sud du Yang Zi Jiang, où il partit accompagné de sa cour, majoritairement chrétienne, de prêtres et même d’au moins un évêque : Zhang Ling. Le Prince Lui Ying fut “suicidé” en 71.

Pierre Perrier nous a rapporté d’un de ses séjours en Chine (invité comme expert scientifique) les premières images des frises de KongWangShan. Evidemment les bouddhistes les revendiquaient, mais il y a trop de croix  (particulièrement celle que tient Thomas, et celle qui est au dessus du C de Chufarlan) ! Les premiers missionnaires bouddhistes sont venus 90 ans après Thomas. Heureusement les bouddhistes ignorent la signification du Pétalon que portent les deux personnes surdimensionnées l’homme barbu tenant la croix comme un prêtre oriental et une femme tenant contre elle un nouveau né langé…

La surprise, fut l’identification de l’Apôtre Thomas, qui vint avec un diacre traducteur (parthe si l’on en juge à ses vêtements), auquel les chroniques de l’Eglise indienne de Thomas donnent le nom de Siphûr. Il est représenté faisant le geste d’attestation de la vérité et il tient de la main gauche le rouleau de la prédication apostolique. D’autres preuves ont été trouvées, je laisse cela pour la conférence.


L’estampage de gauche vient d’une tombe datée de 86, on y reconnait,
derrière Tomen et toujours plus petit, Siphûr tenant le shofar en non pas un balais…

Et la suite de ces premières Communautés

Deux communautés chrétiennes se maintiendront après la persécution, évoluant différemment l’une formées de persécutés du Royaume de Chu, se réfugiant dans les montagnes du Shandong ; d’eux émergeront le mouvement millénariste des turbans jaunes TaiPing (la Paix Céleste), Mouvement qui réapparaitra au XIX° siècle…
En fait ce turban est une bande de tissus jaune nouée autour de la tête évoquant le pétalon que vous voyez sur la coiffe de Toman et de la Mère). Symbolisant le fait qu’ils se consacraient/donnaient à Dieu pour établir son royaume sur terre. Ce ruban est toujours présent sur les représentations d’Irénée de Lyon, il n’en subsiste dans l’Eglise que les extrémités qui pendent à l’arrière de la mitre épiscopale.

L’autre communauté autour de l’évêque Zhang échappera aux persécutions en remontant le YangZi vers la forteresse naturelle des montagnes du Sichuan.
Cette communauté autour de la famille des évêques Zhang (prononcer djean) au Sichuan devint une théocratie: le royaume de Dieu à Hanzhong qui durera presque trois siècles, et fut connu en occident grâce aux Arméniens sous le nom de Royaume du Prêtre Jean. Que les “brillants” géographes médiévaux situeront par la suite en Abyssinie !

Ensuite vont se succéder les guerres et leurs massacres, les réformes successives imposées au gré des pouvoirs et les persécutions sanglantes, c’est une longue et terrible histoire. Au point que les Jésuites seront incapable de reconnaitre les descendants des enfants de Thomas dans ceux qui suivaient la Voie, le Chemin, la Vérité, la Vie, qu’avait laissé le Vénérable Maître, dont les pensées appelant à la sainteté furent réécrites plusieurs fois sur ordre impérial, dans le livre de la Voie du Changement. Ils adorent toujours la Trinité des 3 gouverneurs : du Ciel, de la Terre et des Eaux (souvenez vous de qui planait sur les eaux au commencement) ; et localisent sur leur corps les plaies du Christ appelées les Sources Jaillissante du souffle Divin…
Les descendants de l’évêque Zhang lin appelés les Maîtres Céleste dirigent toujours l’une des Eglises de la Voie. La Voie, le Chemin en Chinois se dit le Tao ! Et parmi les Taoïstes il y avait encore la secte des “adorateurs de la croix” comme le disait l’un des Juifs de Kaifeng à Matéo Ricci, mais Mattéo Ricci préféra s’adresser aux confucéens qui avaient le pouvoir.
La famille du Père Martin Yen descendait depuis des siècles de ces Adorateurs de la Croix !

J’invite donc ceux d’entre vous qui seront à Lyon le dimanche 24 mai à la conférence que donnera Pierre Perrier, Correspondant de l’Institut, Secrétaire Perpétuel de l’Académie des Technologie et Sciences, ancien chargé de R&D de Dassault Système, auteur de nombreux ouvrages sur la transmission orale des évangiles dans les églises orientales, à 14h30 à la salle Decourtray au 10 montée de Fourvière.

Cordialement, Jacques

En complément :

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.