Evangéliaire selon la récitation orale des Apôtres
Frédéric GUIGAIN, Evangéliaire selon la récitation orale des Apôtres. Texte des quatre Evangiles selon la Peshitto. Présentation rythmique et analyse midrashique, Paris-Beyrouth, Cariscript, janvier 2009 (21×29,7 cm)
Un outil révolutionnaire pour l’exégèse

Dans Jésus de Nazareth, Benoît XVI n’a pas hésité à dénoncer – avec charité mais précision – les impasses de l’exégèse actuelle, qui rejaillissent sur la théologie et la catéchèse (parmi d’autres, Pierre Grelot était expressément cité). Il indiquait des pistes nouvelles à suivre, que le synode pastoral sur « la Parole de Dieu » qui s’est tenu à Rome du 3 au 20 octobre 2008 a relevées également. Les évêques ont cité l’expression de Benoît XVI disant que la Parole ne doit pas être seulement « informative » mais « performative », c’est-à-dire qu’elle doit accomplir ce qu’elle énonce en celui qui l’écoute : ceci était précisément la force et la caractéristique majeure des « évangiles » des Apôtres et de Paul, qui étaient des prédications orales apprises par cœur par ceux qui les recevaient.
Aux deux points de vue de l’exégèse et de la pastorale à venir, l’ouvrage de Frédéric GUIGAIN, Evangéliaire selon la récitation orale des Apôtres. Texte des quatre Evangiles selon la Peshitto constitue un apport que l’on peut dire révolutionnaire. En effet, l’analyse systématique des signes de découpage du texte, introduits au VIe siècle, montrent qu’ils renvoient à des récitatifs c’est-à-dire à des traditions orales qui s’étaient maintenues et qui correspondent à un état de la matière évangélique antérieur à l’état rédactionnel dernier dans lequel nous lisons aujourd’hui le texte.
Tous les spécialistes en anthropologie connaissent l’étonnante stabilité et précision des transmissions orales dans les civilisations où l’écriture est inconnue ou secondaire, parfois à travers des millénaires. On avait oublié que cette force de la transmission, mise en lumière par le Père Marcel Jousse sj dès les années 1930, concernait aussi les évangiles après leur mise par écrit. La difficulté d’apprendre le texte évangélique par cœur n’est pas à démontrer sur la base du grec : il en est tout autrement avec le texte oriental – Frédéric Guigain peut en témoigner. Aujourd’hui, le texte syriaque standard est encore imprimé avec ses signes de découpage, dont les sens, entretemps, étaient devenus flous à cause de la perte progressive de l’oralité dans le monde syriaque occidental au point d’être recouverts par la suite par le système synoptique intellectuel d’Eusèbe de Césarée. Ils sont enfin restitués aujourd’hui dans leur signification orale dans cet évangéliaire qui reproduit ce même texte selon son jeu complexe de structures (présenté en français), depuis le découpage rythmique de chaque phrase jusqu’aux grands ensembles d’oralité.
Cet outil scientifique doit prendre sa place dans toutes les bibliothèques et lieux où est étudiée la Parole de Dieu, ainsi que chez tous les chrétiens qui veulent avoir accès ou s’initier au syro-araméen des évangiles.
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Après un D.E.A. en philosophie à la Sorbonne, Frédéric Guigain a été ordonné prêtre dans le diocèse maronite de Jbeil-Byblos (Liban) en 2001. Il a alors assumé diverses tâches pastorales au Nigéria (Port-Harcourt), en Italie (Albano) et au Liban (diocèse de Jbeil). .
Parution du livre du père Frédéric Guigain : pour connaître les détails, cliquez ici. Vous pouvez aussi lire les commentaires lié à cet article.

about 1 year ago
Bonjour,
Ravi d’apprendre la sortie de cet « Évangéliaire selon la récitation orale des Apôtres » du père Frédéric Guigain.
Cependant, il était indiqué il y a quelques temps sur votre site que les Évangiles seraient en syriaque dans cette publication, or sur le site de l’éditeur Cariscript il est mentionné que le lectionnaire (avec l’intégral des Évangiles) est en araméen. Ce qui n’est pas pour déplaire puisque la langue originelle des Évangiles est l’araméen (d’après les travaux de Pierre Perrier) et non pas le syriaque.
Si je comprends bien, on peut dire que cet ouvrage se base sur une sorte de « Peshitto araméenne », en somme appliquer l’organisation de la Peshitto syriaque sur le texte de la Pshytta araméenne ?
Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir appliquer directement l’organisation de la Pshytta (de Mossoul par exemple, qui est d’emblée araméenne) ? En sachant que le père Guigain semble maitriser autant l’araméen que Pierre Perrier. Bien évidemment, c’est un livre du père Guigain, il a donc sa façon d’organiser et de présenter le retour à l’oralité originelle. Peut être que la Peshitto reste plus claire dans son organisation pour nous occidentaux ?
Merci d’avance pour votre réponse !
about 1 year ago
Bonjour.
L’araméen est le nom de la langue. Le syriaque est un synonyme, c’est la même chose. Seulement, on emploi le mot « syriaque » pour la période qui commence autour du 3ème/ 4ème siècle après JC.
La langue est la même, même si elle évolue un peu bien sûr, et si elle connait des variantes locales (notamment la distinction entre la prononciation en « a » pour l’orient, d’où la Pshytta, et la prononciation en « o » pour l’occident, d’où la « Peshitto »). La « Pshytta » correspont à la version la plus ancienne des évangiles. La Peshitto correspond à la version revue par Raboula d’Edesse au VIème siècle. C’est sur cette version qu’a travaillé le père Frédéric Guigain. Pourquoi ? Pour la simple raison qu’il est de rite maronite et que la Peshitto est la version de référence pour les maronites (à l’inverse des Chaldéens qui utilisent la Pshytta).
La langue est la même au niveau grammatical, mais l’écriture diffère. L’araméen biblique s’écrit en caractères « hébraïques », le syriaque en caractère « estrangelo » ou « serto ».
Pour plus de détails, voyez le cours d’araméen du père Guigain en vidéo : http://eecho.fr/?p=33
about 1 year ago
Merci pour ces informations ! C’est assez facile de se laisser croire que le syriaque et l’araméen sont deux langues différentes.
On peut donc affirmer qu’à défaut de la Pshytta (plus originelle) que peut prôner Pierre Perrier, cet ouvrage du père Guigain permet tout de même de saisir l’approche de l’oralité évangélique originelle (et donc des travaux de Pierre Perrier) exactement de la même manière ? La différence se réduit donc seulement à l’écriture et à la distinction dans la prononciation entre a et o ?
Encore merci pour cette réponse !
about 1 year ago
Oui tout à fait. C’est un premier pas. Le travail est énorme. Plus tard, d’autres chercheurs étudieront les variantes entre les manuscrits pour tenter de faire l’historique de cette oralité. Il faut bien noter que c’est cela qui est original : les manuscrits contiennent des étoiles (astérisques) qui correspondent aux découpages d’oralité. C’est exceptionnel ! Cela montre que l’oralité était en train de se perdre (au VIème siècle déjà !) et qu’il fallait noter ces repères pour ne pas les oublier.
Mais attention, l’ouvrage est complètement en syriaque. Donc, il vous faut au minimum connaître un peu l’alphabet !
Il y a juste l’avant-propos et la préface qui sont en français, ainsi que les intertitres. L’ouvrage se présente comme un évangéliaire complet. Il présente les 4 évangiles dans leur ordre traditionnel, puis selon le schéma des colliers d’oralité tels que présentés par Pierre Perrier dans « Les Colliers Evangéliques ».
about 1 year ago
Très bonne initiative. Sera-t-il commercialisé dans les grandes librairies ou ce n’est pas possible ?
Ce que je trouverai aussi intéréssant c’est un livre comprenant le syriaque avec une traduction française à côté pour nous familiariser (nous qui n’y connaissons rien mais qui nous y intéressons modestement) avec cette langue. En anglais les évangiles existent avec les traductions coexistantes, en Français je ne crois pas.
Bonne continuation.
about 1 year ago
Bonjour! J’avais déjà remarqué sur le bulletin d’information la prochaine sortie de cet ouvrage. Merci.
Hélas, pour le lecteur « amateur » qui découvre l’oralité des evangiles par les travaux de Pierre Perrier et par simple amour de la Parole, il est bien difficile de se lancer dans une découverte de la langue syriaque…
A quand une version française se rapprochant autant que possible du sens araméen ! On peut trouver de nombreux essais dans les livres de M.Perrier. N’y aurait-il pas le moindre projet de ce genre de parution??
Merci pour tout.
about 1 year ago
Une version française de l’Evangile basée sur le syriaque, il faut espérer que cela viendra…, mais pour l’instant il n’y a pas de projet en ce sens. Pierre Perrier a effectivement traduit de nombreux passages, mais il l’a fait pour les besoins de son travail. Mettre une traduction « officielle » sur le marché nécessite un travail qu’une seule personne ne pourrait faire sérieusement, à moins d’y consacrer vraiment tout son temps. De plus, le gros travail à faire est de restituer l’aspect « oral » du texte et cela n’est pas sans poser de grande difficulté aux niveaux des choix de traductions à opérer.
A ce jour, vous pouvez toujours vous procurer la traduction du « sermon sur la montagne » aux editions Bellefontaine : http://www.editionsdebellefontaine.com/so/so80.htm
La traduction complète de Matthieu est en projet depuis des années, mais n’a jamais abouti.
about 1 year ago
Je recommande aussi le livre basé sur le travail de Mgr Alichoran, il concerne uniquement une partie de l’évangile de Matthieu mais est très intéréssant. Il nous éclaire sur l’approche différente, mais qui semble riche, de la lecture des Evangiles basée sur cette langue sémitique parlée par les contemporains de Jésus (et lui-même très certainement).
about 1 year ago
Bonjour,
et merci d’éclairer ma lanterne: L’Évangéliaire publié par Frédéric Guigain n’est-il pas » l’Evangeliarium Hierosolymitanum » (ex codice Vaticano Palaestino ) publié en 1861 dont la langue, consignée en écriture syriaque estrangelo, est en fait du christo-palestinien ?
Le christo palestinien (dénommé aussi syro-palestinien), est le nom donné au dialecte araméen de Galilée dans son évolution sous influence chrétienne; il a été bien identifié, notamment par F Schulthess qui en a dressé un dictionnaire et une grammaire. Il est bien différencié du syriac (de la Peshitto ou de la Peshitta) par les linguistes.
Deux évangéliaires retrouvés au monastère St Catherine du Sinaï ont été associés au codex palestinien du Vatican.
Merci de bien vouloir me répondre.
about 1 year ago
Bonjour, merci pour votre question.
Non, il s’agit d’un évangéliaire reprenant le texte canonique de la Peshitto, donc en syriaque occidental, langue liturgique officielle de l’Eglise maronite et des Eglises de tradition syriaque occidentale. Le texte est écrit en caractères serto. Il ne s’agit pas d’une étude de texte, ni d’un travail sur des manuscrits anciens.
L’originalité de cet évangéliaire est sa présentation de l’Evangile en « colliers », respectant ainsi les lois de l’oralité. La lecture ou mieux, la récitation peut alors se faire en respectant les rythmes du texte (balancement, découpes des paragraphes et des phrases faisant sens)…
Il contient uniquement les 4 évangiles. Pour sa réalisation, le père Guigain s’est inspiré des travaux de Pierre Perrier et a découvert l’existence d’étoiles (astérisques) qui ne s’expliquent que par le recours à l’oralité.
Ainsi une étoile dans le texte est un signe qui permet de bien découper les textes (début et fin d’un texte) ou de faire référence à une variante chez un autre évangéliste, ou encore de faire appel à un commentaire de type midrashique.
Il ne s’agit pas d’un travail universitaire, mais didactique, qui vise une révolution spirituelle de comportement face à la Parole.
Cordialement.
about 1 year ago
Bonjour,
et merci de votre réponse.
Une précision encore : Le codex Sinaïticus syriacus édité par le père Frédéric Guigain est un palimpseste. En quoi est-il un « évangéliaire »? Est-ce un qualificatif qu’il aurait donné pour souligner la présence de repères liturgiques ajoutés par les copistes pour faciliter la lecture des péricopes?
Cordialement
about 1 year ago
Le texte suivi est celui de la Peshitto (i.d. stricte) canonique des Syriens orthodoxes selon l’édition Clarendon du début du siècle dernier, et non le Sinaïticus qui se range parmi les pseudo-Peshitta (car non stricte, mais glosée à la façon alexandrine). Ce texte ne peut pas être appelé un palimpeste à strictement parler, car vu sa canonicité il est interdit d’en effacer quelque chose et de réécrire par dessus; à ce titre, il mérite ipso facto le titre d’évangéliaire, dans la mesure où n’est canonique que ce qui est digne d’être célébré dans les saints mystères.
La question de l’origine manuscrite de la Peshitta/o est un vaste problème, pour ce que non seulement les documents font défaut mais encore parce que l’Eglise reconnaît la canonicité du texte non pas en vertu d’un substrat matériel identifiable seulement, mais surtout par la chaîne de transmission apostolique à laquelle il appartient. Ainsi ce n’est pas uniquement le plus vieux parchemin qui nous donnera la plus juste version du texte. Ici entre en jeux la question de l’oralité dans toute son ampleur.
Concernant les astérisques, loin de faciliter la lecture, ils la compliquent; ils démontrent clairement que le texte écrit n’a pas de subsistence en lui-même, mais que sa lecture (en fait, sa récitation) nécessite le renvoi à un mode de penser très sophistiqué totalement étranger à la linéarité de l’écriture, de nature didactico-mnémotechnique encore plus que liturgique. La notion d’évangéliaire ici se réfère non pas tant à l’objet matériel qu’est le livre, qu’au processus lui-même de mise par écrit qui n’a pas en l’occurrence d’autre justification que liturgique, à titre d’organisation communautaire de la célébration de l’Evangile-Parole de salut. Aussi nos quatre évangiles ne sont-ils en fait que des évangéliaires (même quand ce ne sont pas des livres ecclésiastiques), c’est-à-dire une distribution liturgique de l’Evangile oral, qui lui répond à un tout autre ordre.
about 1 year ago
Bonjour, serait-il possible d’obtenir ici quelques détails sur ce que Pierre Perrier évoque dans ses ouvrages comme étant le » Vat. Syr. 12 « , et servant à retrouver le texte araméen d’origine des évangiles, avec les travaux de rétroversion depuis le grec et la Pshytta des églises d’Orient?
Quel est ce document? Sait-on depuis quand on le connaît, se trouve-t-il dans la bibliothèque du Vatican, est-il consultable par les spécialistes? Ces abréviations veulent-elles dire « vaticanus syriaticus 12″ ? Y en a-t-il d’autres, qui sont des pseudo-syriaca?
Merci!
about 1 year ago
Bonjour Jean,
Selon Pierre Perrier, le Vaticanus Syriacus n°12 de la bibliothèque vaticane est bien connu pour être le plus ancien manuscrit contenant les quatre évangiles; il a été écrit à Edesse en l’Année 548 selon son colophon et précède une série de cinquante textes de la seconde moitié du sixième siècle non datés mais d’écriture voisine mais
postérieure et il est postérieur à des fragments au mieux datables postérieurement à une date de 460 mais on ne prend en compte que les textes trouvés en Turquie (syrie, adiabène.palestine.) alors que les évangéliaires orientaux furent pratiquement tous détruits dans la persécution de Shapour vers 400. Il n’y a pas pratiquement de fragments d’évangile syriaque antérieurs ni des copies de l’empire romain ou la peshitta n’était pas autorisée !
On trouve dans « An Album of Dated Syriac Manuscripts » de W.H.P. Hatch, univ of Boston 1946 plaque XVI un fac simile d’une des pages du Vat syr 12.
Voir :http://books.google.fr/books?id=3-aPhD7jem4C&dq=An+Album+of+Dated+Syriac+Manuscripts&printsec=frontcover&source=bl&ots=CnBBnMP5vA&sig=R81fL7A_2w5G0OPbrkjhjjzAdbo&hl=fr&ei=0A-1SY3DLITHjAf13sntBQ&sa=X&oi=book_result&resnum=3&ct=result
about 1 year ago
Shlomo, Paix et salutation en syriaque,
Membre de l’Eglise Catholique Syriaque , je suis en recherche de ce mode de récitation rythmo-mémorisante des quatre évangiles (ce que je fais de puis quelques années à mon ryhtme qui est lent et en araméen).
Je suis heureux d’ apprendre qu’une édition en français essaie de retrouver cet esprit d’une mémorisation vivante des Evangile dans l’esprit de la Simple (Peshitto en araméen).
http://www.cerclesyriaque.fr
about 1 year ago
Cher ami,
L’Evangéliaire publié récemment par le père Frédéric Guigain (de rite maronite) est en fait totalement en araméen de la Peshitto. Seuls les intertitres et la préface sont en français. Si donc vous avez déjà commencé une mémorisation du texte, vous y trouverez un grand secours. En effet, le texte est découpé de manière rythmique et mnémonique, ce qui facilite grandement la tâche du mémorisant.
about 1 year ago
Bonjour, je voudrais savoir si par le biais de la Peshytto on pourra réussir à reconstituer la peshytta ?
Merci
about 1 year ago
Bonjour Jo,
je ne suis pas spécialiste en la matière, mais si j’ai bien compris les oeuvres de Pierre Perrier, le Pshytta n’est pas une version qui nécessite d’être reconstituée: C’est une bible araméenne aujourd’hui encore utilisée par certaines communautés chrétiennes d’Orient, de même que la Peshytto.
about 1 year ago
Merci Jean. Je dois dire que j’ai du mal à m’y retrouver dans tout cela. Un ami qui a participé à la dernière session d’EECHO m’a dit qu’au fond il n’y avait pas beaucoup de différences entre la pshytta et la peshitto( environ 60 variantes, dialectales ). Ce que je cherche à savoir, c’est quelle est l’écriture de l’une et de l’autre ( estrangelo ou serto ) et aussi si l’on peut aborder la lecture de la peshitto avec l’araméen moyen ? Merci.
about 1 year ago
Bonjour,
Je vais faire simple sans essayer de me tromper, corrigez-moi si besoin est.
La Peshitta et la Peshitto, c’est la même chose au final, c’est la Bible araméenne utilisée dans les Églises de rite syriaque (donc de langue araméenne).
La Peshitto est en syriaque occidental (entre autres utilisée par les Maronites libanais) et écrite en gros soit en estrangelo pour les vieilles versions, soit en serto pour les plus récentes. La Peshitta en syriaque oriental est quant à elle écrite de nos jours en alphabet chaldéen (utilisée par les Chaldéens, Nestoriens, Assyriens).
Voici un tableau des différents alphabets (voir à gauche de la colonne des noms) :
http://eecho.fr/wp-content/uploads/2008/09/alphabetsyr2.jpeg
Tout ceci n’a aucune importance parce qu’il s’agit de la même langue, à part prononcer en A pour les orientaux et en O pour les occidentaux, il n’y a rien de spécialement différent. Les lettres sont globalement les mêmes, comme dit le Père Frédéric Guigain c’est juste une question de gymnastique visuelle (surtout qu’il y a d’autres alphabets encore !) ayons à l’esprit qu’il ne faut pas se fixer sur un alphabet en particulier. De toute manière c’est pas ce qui est essentiel à retenir.
La différence entre la Peshitto et la Peshitta ne se situe pas au niveau du contenu écrit en tant que tel mais par rapport aux indications d’oralité.
En effet, la tradition orale des Églises de rite syriaque occidental à l’époque de l’évêque d’Edesse du nom de Raboula a ressenti le besoin d’indiquer à partir de l’écrit le contenu oral des Évangiles parce que cette tradition se perdait, ce qui a donné ce qu’on appelle La Peshitto (qui a été révisée aussi à partir du grec ancien, mais d’une manière insignifiante) ce qui a été moins le cas des Églises de rite syriaque oriental (Peshitta donc) qui ont su garder plus longtemps la tradition orale. C’est pourquoi la Peshitto comporte beaucoup plus de sigles, d’indications orales que la Peshitta.
La Peshitto comme la Peshitta sont des outils vitaux pour l’axe de travail que propose Pierre Perrier comme le Père Frédéric Guigain.
N’hésitez pas à consulter les vidéos de la session de l’année dernière disponible sur dailymotion (notamment Oralité évangélique et le cours sur le Notre Père en araméen) :
http://www.dailymotion.com/EEChO/
Qu’entendez-vous par araméen moyen ? Si l’on reste dans le cadre du syriaque (donc de l’araméen chrétien liturgique d’Église) la seule difficulté serait de reconnaître visuellement un alphabet différent qui reste malgré tout similaire et quelques détails de ce genre. Après si l’on connaît un néo-araméen comme le soureth, j’en ai aucune idée mais j’imagine qu’il y a quand même pas mal de différences. Cependant d’après ce que j’ai compris, un professeur de soureth m’a signalé qu’il y a moins de différence entre le syriaque et le soureth qu’entre le latin et le français, à partir de là cela doit être jouable.
about 1 year ago
Merci beaucoup Olivier pour votre réponse.
Tout est plus clair pour moi.
about 5 months ago
Je vous transmets un éclairage plus précis de la part de Pierre Perrier :
« Pshytta (forme phonétique pour occidentaux) est le nom à réserver au texte oral araméen tel qu’il fut composé et transmis en colliers à Jérusalem (et Antioche ou Rome ou Ephèse ou dans les missions de l’un ou l’autre des apôtres).
Sa forme écrite de référence était notée en caractères hébraïques de Jérusalem (modèle à Qumran), sa forme orale dialectale (judéenne avec des hébraïsmes ou galiléenne proche du moyen araméen d’empire) dépendait de son locuteur et des auditeurs de celui-ci, soit sur feuilles séparées, soit en rouleau de parchemin ou papyrus de lectionnaire liturgique. Sa collection est le fait de l’Eglise-Mère de Jérusalem sous le contrôle de Marie puis Jacques le mineur.
Peshitta est le nom savant (avec le e minuscule inversé) pour le texte original bien conservé ensuite en araméen d’empire ou des nations (lingua franca de l’empire parthe) dont la vocalisation a été notée vers le 4ème siècle. Il s’agit d’un araméen d’empire donc non dialectal puisque langue officielle et conservé dans des inscriptions et restes d’écrits dans l’empire parthe. Sa forme voyellisée est en a ou â et le texte de référence correspondant était conservé à Ninive sous forme de quatre lectionnaires plus un (Actes) copiés et dé-dialectalisés sur le texte de référence de Jacques le mineur à Jérusalem .
Peshitto est le nom dialectal du texte en usage à l’école d’Edesse pour la formation des moines et donc rétabli par l’évêque Raboula pour l’ensemble des églises de la province romaine de Syrie quand il obtint de rétablir le texte ancien comme texte liturgique dans les paroisses ne parlant pas grec lesquelles devaient entendre d’abord l’évangile en grec avant sa traduction en dialecte local qui n’était pas l’araméen d’empire dans le cadre de la politique romano-byzantine d’hellénisation de tous les actes civils et religieux de l’empire oriental. On dispose de plusieurs de ces traductions du grec en dialectes variables qui força Raboula dans son accord avec l’impératrice de Byzance à conserver quelques trente variantes typiquement propres au texte byzantin de référence fixé par Eusèbe de Césarée pour ne pas trop s’éloigner des variantes dialectales désormais non canoniques. Il resta cependant la prononciation en o venant surtout de l’influence du grec hellénistique des Séleucides.
Enfin, la découverte du manuscrit Khabouris (Peshitta) est essentielle puisqu’elle rétablit sans discussion l’antériorité sur le grec de ce texte en araméen du 2ème siècle qui comporte des signes plus précis d’oralité élémentaire complémentaires du texte repéré en colliers du codex de Raboula (Peshitto). «